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L’Eglise Wallonne Dordrecht-Breda est une paroisse protestante de langue française aux Pays-Bas. Elle est constituée de deux communautés autour de deux lieux de culte, à Dordrecht (province Hollande du Sud) et à Breda (province du Brabant), villes distantes d’une trentaine de kilomètres. Chacune des communautés se retrouve deux fois par mois pour le culte. Présente dans le paysage protestant néerlandais depuis le 16e siècle, l’Eglise Wallonne Dordrecht-Breda est l’une des douze Eglises Wallonnes qui forment ensemble la branche francophone de l’Eglise protestante aux Pays-Bas (Protestantse Kerk in Nederland).

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Pr SOPHIE BLOEMERT – Dimanche 2 septembre, le pasteur Sophie Bloemert a fait ses adieux aux Eglises qu’elle a accompagnées depuis quelques années comme Conseillère régionale auprès des classes du sud des Pays-Bas (y compris la classe wallonne). Voici le discours d’adieu qu’elle a prononcé en néerlandais (la traduction en français assurée par Mme Riet Ouwehand, Dordrecht).

RACV : Combien de fois ai-je expliqué ce sigle bizarre ces dernières années ? Et pas seulement en néerlandais : Regionaal Adviseur Classicale Vergaderingen Zuid-Nederland, ce sont beaucoup de mots. Dans l’explication que j’ajoutais le plus souvent, je parlais des conseils aux administrations supra-locales de l’église dans les domaines politique, administratif, l’ordre ecclésiastique et les ressources humaines. Puisque lors de l’union de l’Eglise Protestante aux Pays-Bas du 1er mai 2004, on avait cru bon d’ajouter un « professionnel » aux ministères (bénévoles) à qui on avait assigné un mandat très lourd – au service des communautés locales.

Quatorze années se sont écoulées et le projet Kerk2025 est « en construction ». Le document stratégique « Waar een Woord is, is een Weg » (Là où il y a une Parole, il y a un Chemin) a enclenché déjà beaucoup, car qui ne connaît pas le terme Back to basics ? Une image claire et une bonne élaboration vont bien ensemble. L’objectif est d’avoir moins de rencontres de ‘gestion’ pour consacrer plus de temps à l’essentiel d’une vie dans la foi. Depuis peu, on a mis en place des ‘économies d’échelles’ au niveau des classes, de façon à pouvoir investir plus d’énergie pour le travail pastoral et spirituel dans les nouvelles classes. Nous vivons maintenant après le 1er mai 2018 et par conséquent il n’y a plus que deux classes dans le sud des Pays-Bas : « Delta » et « Brabant Septentrional, Limbourg, Réunion Wallonne ». Et comme après l’été, les pasteurs des classes font aussi leur entrée dans le Sud, il est temps pour le RACV de faire ses adieux, car cette fonction a pris fin le 1er septembre.

Lors du culte célébré début 2011 à Breda où j’ai été installée pour ce travail, j’ai montré une carte routière : de Vaals à Aardenbourg, de Haamstede à Cuyk, un champ d’action géographique étendu mais magnifique était devant moi, avec une grande pluralité, mais aussi avec de nombreuses d’expériences reconnaissables, comme le déclin et beaucoup de petites communautés avec de moins en moins d’argent et de force administrative. J’ai eu l’occasion de lier l’Est avec l’Ouest et de les faire coopérer, entre autres pendant les journées annuelles de rencontre et de travail à Breda, autour des thèmes importants pour les membres des conseils élargis (Breed Moderamina) des classes. Ces journées m’ont plu énormément. En structurant strictement mon agenda, dans lequel les personnes avec qui je travaillais pouvaient s’adapter le plus souvent, j’ai réussi à me joindre à toutes les réunions, en journée ou en soirée. En passant par la Belgique et Kruiningen pour aller à Goes, puis par le Oosterscheldebrug en direction de Sirjansland, et par les ruelles étroites de Zierikzee. Le Westerscheldetunnel, long de 6 km, m’a conduite à Terneuzen et à Hoek ; je n’oublierai pas la tempête de neige nocturne de janvier 2017. Mais aussi à Walcheren, où j’ai pris le temps parfois de jouir de la mer sur la digue de Zoutelande. Une semaine plus tard j’étais au Brabant. Des lieux de culte à Almkerk, Breda, Tilbourg, Bois-le-Duc, Geldrop, Veldhoven et Oss me sont devenus familiers, de même que leurs marguilliers avec leurs bons soins.

Les réunions bilingues avec les Wallons m’ont menée à Dordrecht ou à La Haye. Pour des réunions de concertation avec mes collègues, j’ai dû faire chaque mois de bonne heure le trajet en train à Utrecht. La voix du Sud devait s’y faire entendre régulièrement, car le RACV est aussi agent de liaison entre le pays et la région, et inversement. Parfois j’ai pu rester près de chez moi : le trajet à Geleen et à Weert prenait moins de temps. Pendant ces dernières sept années et demie, au cours de mes missions, j’ai découvert en outre beaucoup d’hôtels et de chambres d’hôte ; ce n’est pas pour rien que je suis « genius de Booking.com » (on le devient en faisant plus de cinq réservations par an)!

Parfois il fallait être patiente quand il y avait de bouchons autour d’Anvers ou sur l’autoroute A58. Cela me donnait l’occasion de réfléchir à des situations dans des communautés au sujet desquelles on avait demandé mon conseil. Arriver saine et sauve restait la priorité.

Il y avait des journées où je pouvais rester chez moi à Heerlen dans mon bureau et lire sans fin de comptes rendus, des courriels sur tout et n’importe quoi, et réfléchir à des conseils sages. Vous avez pu m’entendre et voir régulièrement pour expliquer des considérations sur des modifications de l’ordre ecclésiastique avec des présentations PowerPoint. Cela aussi, je l’ai fait avec beaucoup de plaisir parce que je ne déteste pas le droit ecclésiastique, mais surtout parce que j’avais ainsi la chance de rencontrer directement des membres de consistoire de nombreuses communautés. J’aimais rencontrer alors certaines anciennes connaissances.

Mon service auprès communautés locales était prévu comme ‘soins en deuxième ligne’, disons à distance, un travail qui n’est pas moins nécessaire d’ailleurs. Au début j’ai dû m’y habituer – après 25 années comme pasteure dans une communauté. En outre, comme RACV, on s’occupe de la cuisine intérieure et là, d’une façon ou d’une autre, ça sent parfois le brûlé. De petits conflits peuvent provoquer de grands incendies, de sorte qu’on doit faire appel à des visitateurs. Des problèmes financiers exigent l’aide de la RCBB (la commission de contrôle financier, aujourd’hui CCBB) et, en cas de problèmes entre pasteurs et consistoires, la meilleure solution peut être de se séparer l’un de l’autre. J’ai eu tout cela et beaucoup d’autres choses sur le dos, car les communautés ecclésiastiques ressemblent en tout à des êtres humains. Pour moi il était toujours essentiel de faire ce travail comme pasteur. Il est vrai que je n’ai plus ma propre communauté mais la collaboration avec ceux qui exercent un ministère et d’autres membres de communautés a tout autant un caractère pastoral. Et nous avons prié ensemble ; parfois une ouverture durait plus longtemps parce qu’on avait une véritable discussion sur une partie de la Bible, mais pendant la réunion nous avons constaté que ce temps avait été bien employé. Nous avons partagé nos soucis ainsi que nos joies sur des communautés, et nous nous sommes encouragés mutuellement autour d’une autre tasse de café. Parfois j’ai accompagné des membres de comité (Breed Moderamina) dans leur visite d’un consistoire afin de pouvoir me faire une bonne idée de la situation dans laquelle il fallait prendre une décision.

Pour finir : comme les classes dans le sud de notre pays entretiennent un contact régulier avec les évêques de Bois-le-Duc, Breda et Roermond, j’ai pu intégrer l’œcuménisme dans mon travail. Un bel exemple, c’est l’atelier œcuménique du Jubilé de la Miséricorde.

J’ai réglé mes dernières affaires : un travail surprenant et nécessaire. Cela a été une belle période, notamment grâce à de nombreuses personnes… mais cela suffit désormais ! Cet été, les nouveaux comités du sud du pays pourront s’adresser encore à moi, pour que le procès de transition s’achève bien. Le 16 septembre, le pasteur Marco Luijk sera installé comme pasteur de la classe pour le Sud-Est et le pasteur Arie van der Maas pour la classe Delta. Aujourd’hui, le 2 septembre, a lieu la cérémonie d’adieu du RACV dans cette Grande Eglise à Breda. Pour la dernière fois, on a servi des « Zeeuwse bolussen », « Bossche bollen » et « Limburgse vlaai » en signe de solidarité ! Après le culte, nous aurons l’occasion de nous rencontrer personnellement.

Je vous dis : au revoir !

Pr Sophie Bloemert

 

Evènements
  • 9 novembre 19h30 Soirée culturelle à la Trinitatiskapel
  • 12 novembre 14h00 Chorale à la Trinitatiskapel
  • 15 novembre Consistoire à Dordrecht
  • 19 novembre 19h30 Chorale à la Trinitatiskapel
  • 2 décembre Après le culte: Chorale à la Trinitatiskapel
  • 7 décembre Soirée culturelle
  • 9 décembre Chorale au Schalmdienst à Breda
  • 17 décembre 19h30 Chorale à la Trinitatiskapel
  • 20 décembre Consistoire
  • 24 décembre Chorale à la Veillée de Noël