Sur les traces des Wallons de Dordrecht

Au fil des siècles, la communauté wallonne a laissé de nombreuses traces de son intégration dans le paysage et l’histoire de la cité dor­drechtoise. Un bâtiment situé au cœur de la cité, à deux pas de l’hôtel de ville, rappelle aux passants l’existence d’une minorité protestante de langue française. Un monument funéraire et des noms de rue évoquent la présence de générations de Wallons et Huguenots. Une école, un institut de langue, une plaque commémorative renvoient à des pasteurs wallons qui ont marqué leur époque.

A l’angle de la Visstraat et de la Voorstraat se dresse le bâtiment qui a servi de lieu de culte à l’Eglise Wallonne durant trois siècles et demi. En 1635, la municipalité octroie à la communauté wallonne le droit de disposer ‘tant qu’elle existerait’ de la Gasthuiskapel. Bâtiment de style néo-gothique ancien comportant à l’origine deux nefs, l’église est réduite en 1841 à sa taille actuelle. Avec sa façade en briques surmontée d’une tourelle hexagonale (provenant de la Wijnkoperkapel), ses 9 travées et niches arrondies pourvues de fenêtres, elle reste l’un des témoins de l’histoire de l’Eglise Wallonne. En 1985, la municipalité ayant décidé d’utiliser le bâtiment à des fins commerciales, elle propose en échange (et aux mêmes conditions) l’utilisation par la communauté wallonne de la prestigieuse Statenzaal, dans le complexe du Hof, là où a été signée, le 4 juillet 1575, l’Union de Dordrecht garantissant la liberté religieuse.

Toujours au centre ville, dans la Augustijnenkerk, se trouvent les tombes de Louys de Geer père et fils. Le père, un noble originaire de la région liégeoise (Belgique), arrive à Dordrecht en 1596 et devient membre de la communauté wallonne. Quant au fils, surnommé le ‘roi des canons’, il est à cette époque l’un des plus importants industriels du fer et du cuivre, aux Pays-Bas et, plus tard, en Suède.

Au numéro 1 de la Lange Breestraat, la plaque commémorative du célèbre poète néerlandais Jacques Perk fait songer à son père Marie Adrien Perk, pasteur de l’Eglise Wallonne de Dordrecht de 1855 à 1868. Le long de la rivière Oude Maas, les rues Binnen Walevest et Bui­ten Walevest (PHOTO) évoquent la présence des familles ou de troupes wallonnes au 17e siècle. Dans la partie Sud de la ville, la Polyanderschool doit son nom à Johannes Polyander, pasteur de l’Eglise Wallonne de 1591 à 1611, également professeur de philosophie et d’éthique à l’Illustre Ecole de Dordrecht. Il était connu pour ses qualités de conciliateur en un temps de sévères disputes théologiques. Quant à la section dordrechtoise de l’Alliance Française, elle a été fondée en 1903 par Eugène Picard, pasteur de l’Eglise Wallonne de 1900 à 1914.

Depuis 2012, c’est dans la Trinitatiskapel, située à la Vriesestraat, que se réunit la communauté wallonne, bâtiment qu’elle partage actuellement avec la communauté luthérienne.

Evènements
  • 5 septembre Trinitatiskapel: Consistoire
  • 9 septembre Trinitatiskapel: Cercle de discussion