Culte du 20201129

Lectures et résumé de la prédication:

Esaïe 63 16 SEIGNEUR, notre Père c’est toi ! Abraham en effet ne nous connaît pas, Israël ne nous reconnaît pas non plus ; c’est toi, SEIGNEUR, qui es notre Père, notre Rédempteur depuis toujours ; c’est là ton nom.

17 Pourquoi nous fais-tu errer loin de tes chemins, et endurcis-tu nos cœurs qui sont loin de te craindre ? Reviens, pour la cause de tes serviteurs et des tribus de ton patrimoine.

18 C’est pour peu de temps que ton peuple saint est entré dans son héritage ; ton sanctuaire, nos agresseurs l’ont écrasé ! 19 Et depuis longtemps nous sommes ceux sur qui tu n’exerces plus ta souveraineté, ceux sur qui ton nom n’est plus appelé.

Ah ! si tu déchirais les cieux et si tu descendais ! Que les montagnes soient secouées devant toi, 64 1 tel un feu qui brûle des taillis, tel un feu qui fait bouillonner des eaux, pour faire connaître ton nom à tes adversaires. Les nations seraient toutes perturbées devant toi 2 si tu faisais des choses terrifiantes à quoi personne ne s’attend : tu descendrais, les montagnes seraient secouées devant toi.

3 Jamais on n’a entendu, jamais on n’a ouï dire, jamais l’œil n’a vu qu’un autre dieu fit des choses pour ses fidèles. 4 Tu surprends celui qui trouve son bonheur à pratiquer la justice, ceux qui, sur tes chemins, se souviennent de toi.

Te voilà irrité, car nous avons dévié ; c’est sur ces chemins d’autrefois que nous serons sauvés. 5 Tous, nous avons été comme l’impur ; tous nos actes de justice sont comme du linge sale ; tous, nous nous sommes fanés comme la feuille ; comme sous l’effet du vent, nos perversités nous emportent. 6 Nul n’en appelait à ton nom, nul ne se réveillait pour s’attacher à toi ; c’est pourquoi tu nous as caché ta face, tu as laissé notre perversité nous conduire à la dissolution.

7 Cependant, SEIGNEUR, notre Père c’est toi ; nous sommes l’argile et c’est toi qui nous façonnes, nous sommes l’ouvrage de ta main.

 

Luc 1 67 Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint et il prophétisa en ces termes. 68 « Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple, accompli sa libération, 69 et nous a suscité une force de salut dans la famille de David, son serviteur. 70 C’est ce qu’il avait annoncé par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois : 71 un salut qui nous libère de nos ennemis et des mains de tous ceux qui nous haïssent. 72 Il a montré sa bonté envers nos pères et s’est rappelé son alliance sainte, 73 le serment qu’il a fait à Abraham notre père : il nous accorderait, 74 après nous avoir arrachés aux mains des ennemis, de lui rendre sans crainte notre culte, 75 dans la piété et la justice, sous son regard, tout au long de nos jours. 76 Et toi, petit enfant, tu seras appelé prophète du Très-Haut, car tu marcheras par devant sous le regard du Seigneur, pour préparer ses routes, 77 pour donner à son peuple la connaissance du salut par le pardon des péchés. 78 C’est l’effet de la bonté profonde de notre Dieu : grâce à elle nous a visités l’astre levant venu d’en haut. 79 Il est apparu à ceux qui se trouvent dans les ténèbres et l’ombre de la mort, afin de guider nos pas sur la route de la paix. »

Le Temps de l’Avent

(Psaume 80,9-14) ; Esaïe 63,16-64,7 ; Luc 1,67-79

Le psaume 80 ramasse en quelques lignes toute la conscience nationale du peuple de l’Ancien Testament : sortie d’Égypte (9), arrivée en ‘terre promise’ (10), le royaume unifié (12), la double tragédie des invasions assyrienne et babylonienne (13-14). Un passé glorieux suivi de la déconfiture totale : Jérusalem détruite, population massacrée, pillage des richesses, dispersion des survivants ! Et cette poignante interrogation : Comment Dieu a-t-il pu abandonner son peuple ? (interpr. vv. 13-14)

Une interrogation qu’Esaïe 63 reprend sous une forme plus concise : Nous avons à peine profité de notre liberté et nous voilà à nouveau sous le joug étranger, comme aux temps de l’Égypte ! (interpr. vv. 18-19a) Le sentiment que l’histoire se répète et qu’il n’y aura jamais de fin à la souffrance… sauf que le prophète encourage à espérer malgré tout : Ah si le ciel se déchirait ! (19b)

Le christianisme a hérité de la tradition juive ce condensé de la foi et un double élan vers Dieu : la repentance et l’espérance. Dieu aux origines et à l’horizon d’un peuple, selon la métaphore de la paternité : géniteur, libérateur, législateur et protecteur. C’est toi notre Père ; nous sommes l’argile et tu nous façonnes, nous sommes l’ouvrage de tes mains (Es 64,7). Dire aujourd’hui l’attente de la venue d’un messie, c’est évoquer le rêve d’humanité plus juste et plus belle qu’elle n’en a l’air quelquefois. Si même « on ne change pas l’humanité » (Régis Debray), on peut se changer soi-même. Dieu est amour, mais il a besoin des hommes pour que cet amour devienne réalité

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Du coup, le temps de l’Avent, ce n’est pas attendre passivement (quoi d’ailleurs ?) : c’est un temps pour donner du sens à une fête de Noël qui oriente les regards sur l’humanité dans ce qu’elle a de plus fragile. Comme dans cette prière de Zacharie, véritable plaidoyer en faveur des plus fragilisés, adressée à un Dieu qui dénoue les liens et restaure la vie pour ceux qui se sentent écrasés par les ténèbres et l’ombre de la mort. Dans ce sens, ni l’Avent ni Noël ne sont des prérogatives chrétiennes. Pour preuve, notre ‘calendrier laïque’ et les Journées Internationales inscrites en décembre : celles de l’abolition de l’esclavage (2), des victimes de génocide (9), des droits de l’homme (10), des migrants (18) ou de la solidarité humaine (20) ! Comme si l’Organisation des Nations Unies avait gardé cette conscience du temps de l’Avent comme celui où l’on accorde – au moins symboliquement ! – toute l’attention à l’humanité souffrante.

Pr R.-L. Dewandeler

      

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