Culte du 31 janvier 2021 (en direct sur Twitch)

Une courte Phrase de Jésus,
une grande Phrase pour l’Humanité

(Marc 1,21-28)

À plus d’une reprise, Marc souligne l’effet produit par la prédication de Jésus sur ses contemporains (6,2 ; 10,26 ; 11,18 ; 7,37 et dans notre passage 1,22). Pas de sermon sur la montagne mais l’impression des foules venues l’entendre. Comme si la manière d’enseigner primait sur la matière enseignée ! Il est vrai qu’en Mc 1,26-28,, Jésus ne dit pas grand-chose. Sept mots seulement : « Tais-toi et sors de cet homme » pour impressionner les témoins directs et indirects (Paul puis Marc, qui n’ont pas assisté à la scène). Sept mots, mais quels mots !

La rencontre a lieu dans le temple. Jésus en présence de deux groupes de personnages incarnant l’impureté (l’homme et l’esprit impur) et la pureté (les scribes). Le premier ‘groupe’ un peu étrange, avec ce jeu des pronoms : qui est JE, qui est NOUS, qui est IL ? L’homme ou l’esprit impur ? Un ‘groupe’ de deux personnages qui se confondent. L’homme et ses tourments, l’individu et son symptôme ne font plus qu’un. Identification de l’homme à sa maladie et condamnation d’un homme supposé pécheur ! Des comportements bien connus ; cela s’appelle délit de faciès (mensen veroordelen op hun uiterlijk). La courte intervention de Jésus fait voler en éclats cette logique mortifère : il sépare ce que le monde unissait ! L’individu ne se réduit pas son tourment. Et la foule s’étonne : « Quel est ce nouvel enseignement ? » (27)

Une petite phrase de Jésus, une grande phrase pour l’humanité. Personne ne pourra plus être réduit à ce qu’on aperçoit de lui. Tu es davantage que ce que je vois de toi ! Mark Rutte dénonçait (3/6/2020) un comportement qui existe aussi chez nous. Ook in Nederland zijn er mensen die worden beoordeeld niet op hun toekomst maar op hun afkomst ; die niet als individu worden aangesproken maar op de groep waaruit zij voortkomen ; niet op hun gedrag maar op hun geloof. Nous sommes chacun des identités multiples, toujours en devenir. Évitons d’emprisonner l’autre dans un unique aspect de sa personne (Amin Maalouf, Les identités meurtrières, 1998). Une cinquantaine d’année plus tôt, réfléchissant sur la question juive (1946), le philosophe existentialiste Jean-Paul Sartre faisait le terrible constat que c’est dans le regard du voisin que l’autre devient juif ; « Ce n’est donc pas le juif qu’il faut changer, c’est l’antisémitisme ! » Réprimer toutes les formes de ségrégation, entraver le réflexe de la condamnation, juguler le mécanisme de la discrimination.

Jésus, ce jour-là, ne s’est pas fait que des amis…

Pasteur R.-L. Dewandeler

 

Marc 1 21 Ils se rendirent à Capernaüm. Dès le jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue et se mit à enseigner. 22 On était frappé par son enseignement, car il enseignait avec autorité et non pas comme les spécialistes de la loi.

23 Il y avait dans leur synagogue un homme qui avait un esprit impur. IL s’écria : 24 « Que NOUS veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour NOUS perdre ? JE sais qui tu es : le Saint de Dieu. » 25 Jésus le menaça en disant : « Tais-toi et sors de cet homme. » 

26 L’esprit impur sortit de cet homme en le secouant violemment et en poussant un grand cri. 

27 Tous furent si effrayés qu’ils se demandaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que ceci ? Quel est ce nouvel enseignement ? Il commande avec autorité même aux esprits impurs, et ils lui obéissent ! » 28 Et sa réputation gagna aussitôt toute la région de la Galilée.

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