Culte du 20210530

Écologie & Diaconie

Lors de notre Rencontre Wallonne consacrée au thème Église Verte, l’objectif n’était pas de dresser une liste de mesures écologiques, mais tenter de formuler une parole de croyant par rapport à l’urgence écologique. Que disent la Bible et/ou la tradition chrétienne pour justifier notre conscience écologique ?

  1. Les récits de la création (Genèse 1.2.9) traduisent la vision du monde et de l’humanité du point de vue de gens qui s’imaginent l’existence de Dieu. Ils racontent l’humanité tirée de l’argile, placée dans un jardin paradisiaque, chargée de prendre soin du règne végétal et animal, ayant le devoir moral de ne pas maudire le sol, ne pas manger la chair vivante et ne pas verser le sang en vain. En retour, Dieu s’engage à ne plus frapper le vivant et pose l’arc-en-ciel comme signe d’une alliance éternelle entre le Ciel et la Terre. On le voit, le lien entre l’homme et la nature est omniprésent ! Paradoxalement, à part quelques psaumes, la Bible ne se préoccupe pas vraiment de l’environnement naturel. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait rien à en dire. Faire silence sur ce point, c’est aussi laisser la priorité à d’autres thématiques : l’exigence de justice, la réintégration des exclus de la société, la libération de toutes les formes d’esclavage, etc.
  2. ar ailleurs, le langage sur la nature sert parfois à illustrer le reverdissement de la vie, la promesse du retour d’exil, l’assurance que la réconciliation est possible. « Les montagnes feront couler le moût (jus de raisin) et chaque colline ruissèlera » (Am 9,13 ; cf. Ps 104,14-15). Un message dont le peuple de l’Ancien Testament avait besoin lors des dures épreuves de l’esclavage (Égypte) et de l’exil (Assyrie, Babylone). « Ils planteront des vignes pour en boire le vin, ils cultiveront des jardins pour en manger les fruits » (Am 9,14). Le lien entre le labeur des hommes  et la jouissance des biens de la nature.
  3. e ‘silence écologique’ (§1) et l’usage métaphorique de la nature (§2) supposent que tout tourne autour de l’humanité. C’est absurde d’un point de vue biologique (la nature existait avant l’humanité) mais compréhensible selon la Bible qui décrit un projet de société (d’humanité). Si nous avons reçu le mandat de prendre soin de la création, la loi suprême est d’aimer son prochain comme soi-même !
  4. D’où la responsabilité des Églises : rappeler que la préoccupation écologique doit rester articulée sur le souci diaconal. Car « ventre creux n’a pas de climat » (Thierry Amougou, sociologue). Lorsque sévissent la misère ou la guerre, l’urgence est de nourrir la famille et d’éviter les bombes. Créer d’abord les conditions du souci écologique (réaliser la paix, calmer les estomacs) pour rendre possible le souci de l’environnement. Pasteur Badry : « Prendre part aux douleurs du monde, dont celles résultant des changements climatiques ». C’est par compassion envers l’humanité qu’il faut prendre soin de la nature.

Tel est bien le message souvent rappelé par les Églises chrétiennes. En 1989, le document Paix, Justice et Sauvegarde de la création par la ‘Conférence des Églises Européennes’ (nl. CEK). Récemment, le synode de l’EPUdF (https://www.egliseverte.org): « bâtir ce monde plus juste et écologique nécessaire à la survie de l’humanité ». Le pape François, soulignant que nous devons replacer le discours écologique dans le cadre plus large d’un discours sur l’homme : l’urgence écologique est une urgence pour l’humanité !

Les piliers d’une parole environnementale des Églises – Dire l’humanité en interaction avec son environnement naturel (plutôt que propriétaire). Éviter de séparer le discours écologique de la réalité humaine. Rappeler l’alliance éternelle entre Dieu, les hommes et tous les êtres vivants. Faire de la paix et la justice des priorités absolues.

Romains 8,22-23 : « La création tout entière gémit encore dans les douleurs de l’enfantement, mais elle n’est pas la seule : nous aussi nous gémissons intérieurement en attendant l’adoption, la délivrance ». La création souffre… ainsi qu’une grande partie de l’humanité.

Pr R.-L. Dewandeler

Genèse 9 1 Dieu bénit Noé et ses fils, il leur dit : Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre. 2 Vous serez craints et redoutés de toutes les bêtes de la terre et de tous les oiseaux du ciel. Tout ce qui remue sur le sol et tous les poissons de la mer sont livrés entre vos mains. 3 Tout ce qui remue et qui vit vous servira de nourriture comme déjà l’herbe mûrissante, je vous donne tout. 4 Toutefois vous ne mangerez pas la chair avec sa vie, c’est-à-dire son sang. 5 Et de même, de votre sans (qui est votre propre vie), je demandera compte à toute bête et j’en demanderai compte à l’homme : à chacun je demanderai compte de la vie de son frère…

9 Je vais établir mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous 10 et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous : oiseaux, bestiaux, toutes les bêtes sauvages qui sont avec vous, bref tout ce qui est sorti de l’arche avec vous, même les bêtes sauvages. 11 J’établirai mon alliance avec vous : aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du déluge, il n’y aura plus de déluge pour ravager la terre. 12 Dieu dit : Voici le signe de l’alliance que je mets entre moi, vous et tout être vivant avec vous, pour toutes les générations futures. 13 J’ai mis mon arc dans la nuée pour qu’l devienne un signe d’alliance entre moi et la terre…

Amos 9 11 Ce jour-là, je relèverai la hutte croulante de David, j’en colmaterai les brèches, j’en relèverai les ruines, je la dresserai comme aux jours d’autrefois, 12 de sorte qu’ils posséderont le reste d’Édom et de toutes les nations sur lesquelles mon nom a été prononcé – oracle du Seigneur qui va l’accomplir ! 13 Voici que viennent des jours – oracle du Seigneur – où le laboureur suit de près celui qui moissonne, et le vendangeur celui qui sème ; où les montagnes font couler le moût et chaque colline ruisselle. 14 Je change la destinée d’Israël, mon peuple : ils rebâtissent les villes dévastées pour y demeurer, ils plantent des vignes pour en boire le vin, ils cultivent des jardins pour en manger les fruits. 15 Je les plante sur leur terre, ils ne seront plus arrachés de leur terre, celle que je leur ai donnée – dit le Seigneur ton Dieu.

Romains 8 22 Nous le savons en effet : la création tout entière gémit maintenant encore dans les douleurs de l’enfantement. 23 Mais elle n’est pas la seule : nous aussi, qui possédons les prémices de l’Esprit, nous gémissons intérieurement, attendant l’adoption, la délivrance pour notre corps.

Evènements

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